Richard Hillman

Out of Their Classical Depth: From Pathos to Bathos in Early English Tragedy, or, The Comedy of Terrors pp. 17-40

[Résumé]

Cet article propose l'idée que la fusion, apparemment désinvolte, d’éléments chrétiens et païens, fusion qui se produit si souvent sur la scène anglaise dans les débuts élisabéthains de la tradition tragique — et qui va parfois jusqu’à faire rire de façon parodique des horreurs de l'enfer — est une forme parent, dans le genre dramatique ou dans d'autres, la polémique autour des Guerres de Religion françaises. Il est possible d'en relever des traces parallèles notamment dans le discours ultra-catholique ciblant l’amiral Gaspard de Coligny, discours dont le point d’orgue est sans doute La tragedie de feu Gaspard de Colligni par François de Chantelouve (1575). L’on trouve dans cette dernière pièce ce qui pourrait bien être le premier personnage du Machiavel à la , à la fois méchant et comique, ainsi que des punitions classiques extrêmes imposées par Dieu. Par ce biais on peut retrouver ce qui la relie non seulement à Marlowe mais aussi à Jonson. Ce dernier, en évoquant la rétribution infligée à son Janus par le peuple romain, se sert de certains détails tirés de Claudian mais tels que déjà remaniés par le poète protestant Du Bartas dans La Judit pour représenter la destruction et la mutilation d’Holoferne. Or il s’avère que la pièce de Chantelouve visait à réfuter entre autres ce texte bartesien qui venait de paraître (1574), avec la célébration allégorique qu'il fait de l’assassinat de François duc de Guise, acte largement censé avoir été commandité par l’amiral, dépeint par Chantelouve comme justement puni à son tour lors de la Saint-Barthélemy.

[Download article]

http://umr6576.cesr.univ-tours.fr/publications/theta7/fichiers/pdf/hillman.pdf