Jean-Paul Débax

Four Poets as Presenters and Interpreters in Late Tudor Drama

[Résumé]

Tout en refusant la notion « naturaliste » selon laquelle la scène représente la réalité du monde, le théâtre Tudor éprouve le besoin d’attester la véracité des situations fondant le message éminemment sérieux que transmet la pièce en question. Grâce à la convention de l’impromptu, il introduit pour ce faire divers para-textes, qu’il attribue à des personnages légendaires, allégoriques ou mythologiques.
L’article considère quatre pièces qui, entre 1588 et 1613, sont chacune présentée par un poète.  On voit comment la caution de l’un des quatre représentants de ce que l’époque Tudor tient pour la « flowre and tresure of poise » garantit chaque fois l’authenticité de ces pièces.
            Dans Pericles, John Gower, qui introduit la pièce et intervient régulièrement pour la commenter, la déclare inspirée de sa propre Confessio Amantis.  Dans Les deux nobles cousins, pièce reprenant l’histoire déjà traitée par Chaucer (Le Conte du Chevalier), c’est ce dernier qui va attester, au nom de sa propre création, l’authenticité de l’histoire. Les deux pièces de Antony Munday,  La Ruine de Robert, Comte de Huntingdon et La Mort de Robert…, font, elles, intervenir John Skelton, qu’on voit préparer pour la cour de Henry VIII un interlude qui, insensiblement, se mue en l’œuvre que Munday donne en 1597(?). Une dernière pièce, attribuée à Tarlton et dont il ne reste que des lambeaux, L’Intrigue des sept péchés capitaux, est constituée d’une alternance de tableaux –probablement muets, et conçus comme les rêves actualisés de Henry VI –et des commentaires de John Lydgate . Ce mélange intime entre personnages réels et tableaux allégoriques donnent du crédit à la pièce qui les contient.

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