André Lascombes

Elements of a Persuasion Strategy in the English Cycles and Early Moral Plays

[Résumé]

À travers l’examen des textes indiqués, l’article tente de retrouver quelques-unes des raisons techniques (essentiellement de structure et de dramaturgie) militant en faveur du principe débattu, que « voir c’est croire ». Il examine d’abord les conditions matérielles, toutes physiques, selon lesquelles le rapport jeu/réception se met en place dans les cycles et les pièces morales. Ce rapport semble favoriser l’éclosion d’une « illusio » fondée sur le trope communicationnel de la « diaphore théâtrale ». Cette modalité esthétique de la réception théâtrale encourage la double perception simultanée du jeu et de son signifié profond.
Examiné ensuite est le rôle stratégique de personnages « testimoniaux » chargés d’une médiation de la leçon inscrite dans le drame. Émules de Thomas–le-dydime, ces personnages chargés de montrer l’inanité du doute encouragent le spectateur à adhérer au parcours de conviction.

L’article fait valoir pour finir une vérité souvent oubliée dans le schéma psychique de la réception. Il le fait sous deux formes complémentaires : d’abord en rappelant les analyses de F. Fergusson relayées par M. Goldman. Ensuite en soulignant que celles-ci ont été plus récemment légitimées par certaines révélations de l’imagerie médicale : celle, par exemple, que le spectacle suscite, le temps de la réception, une adhésion neuronale en miroir. On peut donc penser que les promoteurs des « quycke bokes » qu’étaient ces pièces, subodorant cette capacité du cerveau humain, ont su l’accompagner par les techniques précédemment évoquées.
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http://umr6576.cesr.univ-tours.fr/publications/theta8/fichiers/pdf/lascombes.pdf